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La recherche en France

 

 

La politique française de recherche est conduite par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR). Le MESR conçoit, élabore et met en œuvre la politique nationale de recherche et d’innovation. Il définit les grandes orientations et répartit les ressources sur des objectifs généraux. Il met en œuvre, en relation avec les partenaires concernés, des procédures d’évaluation fiables, de nature à rendre compte des performances et de l’efficacité du dispositif national de recherche et d’innovation. Il assure la tutelle des organismes de recherche et des établissements d’enseignement supérieur.

La stratégie nationale de recherche et d’innovation est mise en œuvre par le MESR, en lien avec le secrétariat d’État chargé de l’Industrie (DGCIS : Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services). Cet exercice nécessite un processus d’élaboration et de concertation tirant parti des regards croisés de différents porteurs d’enjeux issus du monde académique, économique et associatif, avec la participation de l’ensemble des ministères concernés.

Les activités de recherche sont réalisées soit dans les établissements d’enseignement supérieur ou les organismes de recherche (recherche publique), soit dans les entreprises (recherche privée). Au total, environ 400.000 personnes travaillent dans ce secteur dont 230.000 chercheurs et enseignants-chercheurs.

 

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Credit : CEA / P. Stroppa

 

Dépense intérieure de R&D de la France

En 2010, le montant de la dépense intérieure de recherche et développement se montait à 43,6 milliards d’euros. La France a consacré 2,26% de son PIB à la recherche publique et industrielle, soit une très légère augmentation sur les dix dernières années (2,15% en 2000). Cet effort est inférieur à celui de l’Allemagne (2,82% en 2010) et supérieur à celui de la Grande-Bretagne (1,77% en 2010).

En Europe, seuls les pays nordiques passent la barre des 3% (prévue par le protocole de Lisbonne en 2000) avec 3,87% pour la Finlande, 3,42% pour la Suède et 3,06% pour le Danemark. La moyenne des 17 pays de la zone Euro se situe à 2,06% en 2010 (1,96% en 2008), soit un effort européen bien moindre que celui du Japon (3,45% en 2008) ou des Etats-Unis (2,79% en 2008).

L’effort de recherche est surtout le fait des entreprises. Pour l’année 2008, la part de la recherche publique en France est de 0,78% du PIB et celle de la recherche industrielle de 1,32% du PIB. Pour l’Allemagne, ces chiffres sont respectivement de 0,79% et 1,85%, pour la Grande- Bretagne de 0,67% et 1,10%, pour les Etats-Unis de 0,76% et 2,01%, et pour le Japon de 0,74%et 2,69%.

 

Recherche publique

La recherche publique est principalement réalisée au sein d’une trentaine d’organismes de recherche à vocation multidisciplinaire (CNRS) ou finalisée (INSERM, INRA, INRIA, CEA, CNES, IFREMER, etc), ou de fondations, comme l’Institut Curie ou l’Institut Pasteur en recherche médicale (même si son statut est celui d’une fondation privée à but non lucratif).

Une large part de la recherche publique est aussi réalisée par les établissements d’enseignement supérieur : 83 universités et 26 pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), 24 grandes écoles et écoles d’ingénieurs, 18 grands établissements, 8 Instituts d’études politiques, 5 INSA, 5 EFE, 4 Ecoles normales supérieures, 3 Ecoles centrales, 3 Instituts Nationaux polytechniques (I.N.P), 2 Observatoires, 2 pôles universitaires européens, soit au total, plus de 3.000 équipes ou laboratoires de recherche (les établissements d’enseignement supérieur en France).

Plusieurs organismes peuvent s’associer pour former des unités mixtes de recherche (UMR), comme la plupart des laboratoires du CNRS, ou des instituts fédératifs de recherche (IFR), comme pour l’INSERM.

La formation par la recherche s’effectue au sein de 290 écoles doctorales. Leur objectif : former, au cours de la préparation de la thèse en trois ans, des spécialistes et des chercheurs de très haut niveau. A la rentrée 2010, 65.800 étudiants étaient inscrits en doctorat à l’université et 11.800 doctorats y ont été délivrés au cours de l’année 2009.

 

Recherche privée

Elle est réalisée dans les entreprises, et elle emploie 226.000 personnes dont 133.500 chercheurs (en 2009). La dépense intérieure de recherche et développement des entreprises (DIRDE) s’élevait à 26,3 milliards d’euros en 2009.

Dans les entreprises, 6 branches de recherche concentrent près de la moitié (45%) de l’effectif de chercheurs : l’industrie automobile, les activités informatiques et services d’information, la construction aéronautique et spatiale, l’industrie pharmaceutique, et la fabrication d’instruments et appareils de mesure.

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Credits : Sanofi Aventis / D. Felix

 

Qui finance la recherche ?

Les laboratoires de recherche publics sont en partie financés par les crédits budgétaires des universités, des organismes de recherche publics et des agences de financement, dont l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Ils bénéficient aussi d’autres dotations provenant des Régions françaises, des associations caritatives, de l’industrie et de l’Europe.

 

L’Agence Nationale pour la Recherche et le financement sur projets 

Créée en 2005, l‘Agence Nationale de la Recherche (ANR) finance les projets de recherche sélectionnés selon des critères internationaux d’excellence. L’Agence fonctionne essentiellement sur appels à projets, qui s’inscrivent dans les priorités nationales et concernent tous les grands champs de la recherche et de l’innovation.

Le financement sur projets permet de soutenir les projets les plus ambitieux et les équipes de recherche les plus performantes. Les projets sont financés sur une durée moyenne de 3 à 4 ans. L’aide moyenne par projet a sensiblement augmenté au cours des années (383.000 euros en 2006, 425.000 euros en 2007, 483.000 euros en 2008, 487.000 euros en 2009).

Les objectifs de l’ANR sont de :

·   favoriser l’émergence de nouveaux concepts (les programmes « blancs », dont le contenu est déterminé par la communauté scientifique) ;

·   accroître les efforts de recherche sur des priorités économiques ou de société (appels à projets thématiques) ;

·   intensifier la collaboration entre la recherche publique et l’industrie (appels à projets partenariaux) ;

·   développer des partenariats internationaux (appels à projets transnationaux).

L’ANR a financé 7.000 projets rassemblant plus de 22.000 équipes de recherche publiques et privées entre 2005 et 2009, pour un montant cumulé de 3 milliards d’euros.

Au titre de l’année 2009, les appels à projets de l’ANR, qu’ils soient thématiques ou non, ouverts ou partenariaux, ont permis de financer plus de 650 millions d’euros de travaux de recherche. Les équipes de recherche des principaux organismes ont bénéficié de près de 54% de ces dotations, une proportion légèrement supérieure à 24 % est revenue aux établissements d’enseignement supérieur et aux grandes écoles, le secteur industriel se situant un peu au-dessus de 12%. 50% des financements sont consacrés à la programmation non thématique depuis 2010.

 

OSEO 

Côté recherche privée, l’État, via l’établissement public OSEO et le crédit d’impôt recherche, soutient des programmes d’innovation réalisés par les PME. L’attractivité internationale de la France et l’accueil d’entreprises étrangères contribuent au financement de la recherche industrielle.

OSEO exerce trois métiers :

· Le soutien à l’innovation,

· la garantie des financements bancaires,

·  le financement des investissements.

 

Qui évalue la recherche ?

L’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), installée en 2007, évalue le système en toute indépendance conformément aux standards internationaux. Son objectif est d’éclairer les décisions et améliorer la performance globale du système en fournissant aux opérateurs de recherche, aux ministères concernés et aux agences de financement, des informations de qualité transparentes et objectives.

 

La visibilité de la recherche française : le problème des classements

Le classement académique des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai (ou classement de Shanghaï, appellation commune du Academic Ranking of World Universities en anglais) est un classement des principales universités mondiales, qui est devenu une référence, malgré sa simplicité et sa subjectivité. Ces établissements sont classés selon six critères comme le nombre de publications dans les deux revues scientifiques Nature et Science, et le nombre de prix Nobel ou médailles Fields attribués aux chercheurs et aux équipes pédagogiques. Les créateurs du classement soulignent eux-mêmes certaines de ses limites, notamment un biais en faveur des pays anglophones et des institutions de grande taille, et les difficultés à définir des indicateurs adéquats pour classer les universités spécialisées dans les sciences sociales. De plus dans ce classement, aucun critère n’évalue la qualité de l’enseignement ni le niveau des élèves, élément paradoxal dans un classement des universités.

L’organisation de la recherche en France, qui résulte de plusieurs siècles d’évolution, et qui est extrêmement développée et complexe, est particulièrement pénalisée dans le classement de Shanghaï du fait d’autres facteurs :

– Le budget des universités peut varier de plusieurs ordres de grandeurs, du fait de la centralisation plus ou moins importante des systèmes d’enseignement supérieur. Ainsi Harvard, avec un capital de 35 milliards de dollars, est 100 fois plus riche que Paris-VI Jussieu. La taille est également très variable : par exemple, l’aire urbaine de Paris compte 17 universités et un grand nombre de grandes écoles aux effectifs réduits, chacun de ces établissements étant comptés séparément, tandis que les universités anglo-saxonnes réunissent plusieurs facultés regroupées dans le classement.

– La recherche française s’effectue en général dans des unités mixtes de recherche (UMR), associant des universités et des organismes de recherche (CNRS) ; dans ce cas, le classement de Shanghaï attribue 50 % du bénéfice à l’université et 50 % au CNRS, mais le CNRS et les autres organismes de recherche français n’apparaissant pas dans le classement de Shanghaï, la moitié du bénéfice du prix ne profite à personne et s’évapore complètement.

La France est donc clairement pénalisée par ce classement, alors qu’elle est l’un des leaders mondiaux en matière de qualité et de niveau de la recherche.

 

Un chiffre clé, illustration de la qualité de la recherche française

Tous prix Nobel scientifiques confondus, la France se classe à la 4ème place mondiale, avec 34 récompenses, derrière les États-Unis (228), le Royaume-Uni (77) et l’Allemagne (58). La France a ainsi obtenu 13 prix Nobel de physiologie ou médecine, autant de prix Nobel de physique, dont le dernier en date, M. Serge Haroche en 2012, et 8 prix Nobel de chimie.

La France peut toutefois s’enorgueillir d’une réjouissante 2èmeplace dans le classement du nombre de médailles Fields – équivalent du Nobel pour les mathématiques – obtenues depuis 1936. Avec 11 médailles, elle talonne les États-Unis (12) et devance la Russie (9).

Un décompte plus vaste tenant compte du prix Abel (mathématiques), du prix Vetlesen (géosciences) et des principaux prix internationaux multidisciplinaires (Crafoord, Wolf, Shaw et Kyoto), place encore la France à la 4ème place, derrière le même trio de tête (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne). Tous prix confondus, la France reste la 2ème nation la plus récompensée en mathématiques.