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La recherche à Singapour

Structures de la recherche et de la technologie à Singapour

 

I.          Organismes de recherche et universités

 

A Singapour, les établissements publics effectuant de la recherche font partie de l’un des Instituts de l’Agency for Science, Technology and Research (A*STAR) ou des laboratoires de recherche universitaire ou polytechnique.

 

I.1.       Les instituts d’A*STAR

 

A*STAR est le principal outil gouvernemental en matière de recherche appliquée. 14 instituts regroupent plus de 2 000 chercheurs de toutes nationalités et couvrent deux grands secteurs: les sciences de l’ingénieur et les sciences biomédicales. A*STAR est organisée en cinq branches et possède trois filiales regroupées en entités thématiques.

 

I.1.1     Les 5 branches d’A*STAR

 

Le Biomedical Research Council (BMRC) supervise et coordonne les activités de R&D publiques dans le secteur biomédical. Les différentes compétences sont réparties en sept instituts et cinq consortia, principalement situés à Biopolis:

 

• Bioinformatics Institute (BII),

• Bioprocessing Technology Institute (BTI),

• Genome Institute of Singapore (GIS),

• Institute of Bioengineering and Nanotechnology (IBN),

• Institute of Medical Biology (IMB),

• Institute of Molecular and Cell Biology (IMCB),

• Singapore Institute for Clinical Sciences (SICS).

• Experimental Therapeutics Centre (ETC),

• A*STAR – Duke-NUS Graduate Medical School Neuroscience Research Partnership (NRP),

• Singapore Bioimaging Consortium (SBIC),

• Singapore Immunology Network (SIgN),

• Singapore Stem Cell Consortium (SSCC).

 

Le Science and Engineering Research Council (SERC) est l’équivalent du BMRC en sciences pour l’ingénieur. Il concentre ses efforts sur les secteurs de l’électronique, des technologies de l’information et de la communication (TIC), de la chimie et de l’ingénierie de précision au travers desept instituts et un centre, pour la plupart situés à Fusionopolis:

• Data Storage Institute (DSI),

• Institute of Chemical and Engineering Sciences (ICES),

• Institute of High Performance Computing (IHPC),

• Institute for Infocomm Research (I²R),

• Institute of Materials Research and Engineering (IMRE),

• Institute of Microelectronics (IME),

• Singapore Institute of Manufacturing Technology (SIMTech),

• National Metrology Centre (NMC).

 

Le A*STAR Joint Council (A*JC) est chargé de favoriser les collaborations entre les deux conseils par l’organisation d’appels à projets dans les domaines frontières tels que l’ingénierie biomédicale, la chimie de synthèse ou les énergies propres (cette branche n’est apparue qu’en 2007 dans l’organigramme d’A*STAR, suite à la redéfinition des priorités de recherche à Singapour dans le Science & Technology Plan 2010).

 

A*STAR, afin d’attirer et de constituer un pool de talents, s’est également engagé dans la formation d’étudiants au travers de sa branche Graduate Academy (A*GA), qui accompagne les étudiants depuis la sortie du second cycle jusqu’à l’achèvement de la thèse de doctorat.

 

La dernière branche d’A*STAR, Corporate Services, regroupe les fonctions administratives et financières communes à l’ensemble des entités d’A*STAR.

 

I.1.2     Les « filiales » d’A*STAR

 

Sous le terme de « filiale », A*STAR regroupe d’une part les instituts de recherche, d’autre part trois entités pour la commercialisation des produits de la recherche, et enfin le centre de ressources informatique.

 

 

I.2.       Laboratoires de recherche universitaire et/ou polytechniques

 

Les laboratoires des deux universités nationales, la National University of Singapore (NUS) et la Nanyang Technological University (NTU) sont orientés vers la recherche fondamentale, et couvrent un très grand nombre de disciplines.

 

La Singapore University of Technology and Design (SUTD), établie en partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a ouvert ses portes en 2012. Elle se focalise sur la conception et la technologie, à travers des programmes de recherche multidisciplinaires et selon quatre thématiques principales: l’architecture et la conception durable, l’ingénierie du développement de produits, la conception et l’ingénierie des systèmes ainsi que la conception et la technologie des systèmes d’information.

 

La Singapore Management University (SMU) conduit également des travaux de recherche dans le domaine des sciences humaines et des sciences avec une orientation commerciale.

 

Enfin, les cinq instituts polytechniques, qui se rapprochent des IUT français, conduisent aussi des travaux de recherche appliquée, dans des domaines qui leur sont spécifiques : Nanyang Polytechnic (NYP), Ngee Ann Polytechnic (NP), Republic Polytechnic (RP), Singapore Polytechnic (SP), Temasek Polytechnic (TP).

 

 

I.3.       Les Centres de recherche d’excellence

 

Les Centres de recherche d’excellence (Research Centers of Excellence – RCEs) ont été créés et sont cofinancés par la National Research Foundation (NRF) et le Ministry of Education (MOE). Ils sont au nombre de cinq, et leur mise en place est extrêmement sélective. Ces structures ont pour vocation d’attirer et retenir des chercheurs universitaires de renommée internationale afin de conduire des projets de recherche de très haut niveau et ayant un impact fort à Singapour et à l’international. En parallèle, un autre objectif vise à amener les étudiants Singapouriens à orienter leur carrière vers la recherche. Chaque RCE est dirigé par un chercheur académique dont les résultats scientifiques et le leadership ont construit la renommée.

 

Trois d’entre eux dépendent de NUS : le Mechanobiology RCE (MBI) approuvé en février 2009, le Cancer Science Institute Singapore (CSI Singapore) approuvé en 2008 et le Centre for Quantum Technologies (CQT), centre crée en 1998 et ayant obtenu le statut de Centre de recherche d’excellence en 2007. L’Earth Observatory of Singapore (EOS) créé en février 2009, ainsi que le dernier centre, approuvé en février 2010, Singapore Centre on Environmental Life Sciences Engineering (SCELSE), dépendent de NTU.

 

I.4.       Campus d’excellence en recherche et pour les entreprises technologiques

 

Depuis début 2012, un nouveau campus d’excellence en recherche et pour les entreprises technologiques (Campus for Research Excellence And Technological Enterprise, CREATE) a vu le jour. L’objectif de la NRF, à travers ce projet, est de travailler avec des universités d’élite internationales ainsi que des laboratoires privés afin d’établir des centres de recherche internationaux à Singapour, lesquels travailleront en collaboration étroite avec les universités et centre de recherche locaux. A ce jour, les institutions et centres constitutifs de CREATE sont au nombre de dix:

 

•          le centre pour la réduction de l’empreinte carbone dans les technologies chimiques, entre Cambridge (Royaume-Uni) et Singapour (Cambridge Centre for Carbon Reduction in Chemical Technology – C4T)

•          l’alliance Singapore-MIT pour la recherche et la technologie (Singapore-MIT Alliance for Research and Technology – SMART),

•          le centre de recherche de médecine régénérative en thérapie de restauration cardiaque, entre Technion-Institute (Israël), NUS et NTU (Centre for Regenerative Medicine),

•          le centre international pour un environnement durable entre NTU, NUS et ETH (The Singapore-ETH Center for Global Environmental Sustainability – SEC),

•          le centre pour l’électro mobilité dans les méga-cités, de l’Université technique de Munich (TUM) avec NTU et NUS (Centre on Electromobility in Megacities),

•          le centre de recherche sur les mécanismes cellulaires et moléculaires de l’inflammation, de l’Université de Jérusalem (Israël) et de NUS (Research Centre on Inflammatory Diseases),

•          l’alliance pour la recherche entre l’UC-Berkeley (Etats-Unis), NTU et NUS (Berkeley Education Alliance for Research in Singapore – BEARS),

•          le centre de recherche sur les nanomatériaux pour le management de l’énergie et de l’eau, entre l’Université Ben-Gourion (Israël), l’Université de Jérusalem (Israël) et NTU (Research Centre for Energy and Water Management),

•          Le centre pour un futur durable à faible empreinte carbone, entre l’Université de Pékin (Chine), NUS et NTU (Research Centre for a Sustainable Low Carbon Future).

•          le centre autour de solutions durables en termes d’énergie et d’environnement pour les mégacités, entre l’Université Jiao Tong de Shanghai (Chine) et NUS (Research Centre on Energy and Environmental Sustainability Solutions for Megacities).

 

 

II.         Contexte et financement de la recherche

 

II.1.      Organes de tutelle et d’orientation

 

II.1.1 Les principaux acteurs

 

En l’absence de ministère chargé de la recherche, ce sont les ministères du Commerce et de l’Industrie (Ministry of Trade and Industry – MTI) d’une part, et de l’Education (Ministry of Education – MOE), d’autre part, qui assurent la tutelle de la recherche. Le ministère de la Santé (Ministry of Health – MOH) est annexe car son action de financement est spécifique. Le ministère de la Défense (Ministry of Defence – MINDEF) est également à part car il a ses laboratoires propres gérés par sa branche Defence Science Organisation (DSO).

 

Le Research, Innovation and Enterprise Council (RIEC) est l’instance consultative qui définit les orientations de la recherche. Il est dirigé par le Premier ministre, afin de donner une impulsion à la création de savoir, au développement de l’innovation et de l’esprit d’entreprise.

 

Le RIEC s’appuie sur la National Research Foundation (NRF), fondée en 2006, qui finance les programmes de recherche stratégiques sur le plus long terme, tout en contribuant à définir les grands axes de recherche au niveau national, afin de coordonner les différentes agences gouvernementales et les opérateurs de la recherche. La NRF est au même niveau décisionnel que le MTI et MOE.

 

Figure 1 : Hiérarchie du système de recherche à Singapour

Organisation-RnDOrganisation-RnD

Source: MTI

 

II.1.1 Les plans d’orientation nationaux : « Science & Technology »

 

Afin de permettre à tous les acteurs de l’économie d’avancer dans la même direction et de remplir des objectifs communs, considérés comme prioritaires au niveau national, différents plans quinquennaux « Science & Technology » ont été mis en place depuis 1991.

 

Le cinquième et dernier plan couvre la période 2011-2015. Le RIEC souhaite donner une impulsion à la création de savoir, au développement de l’innovation et de l’esprit d’entreprise. Son budget s’élève à 16,1 milliards de dollars de Singapour (G$S) sur 5 ans, soit environ 9,1 milliards d’euros (G€), ce qui représente une augmentation de 20 % par rapport au budget national quinquennal précédent, qui était de 13,6 G$S, soit 7,7 G€.

 

Ce nouveau plan continue de soutenir fortement l’activité de R&D du pays, avec l’idée d’attirer des investissements privés pour la R&D et de se placer sur de nouveaux marchés. L’attribution des fonds très compétitive, dynamise l’innovation et les efforts de recherche collaborative et multidisciplinaire, entre acteurs de la R&D publics et privés à Singapour. Des moyens supplémentaires sont destinés au transfert de technologie, pour encourager le passage de la recherche fondamentale à la commercialisation. La volonté d’attirer des talents scientifiques de l’international se poursuit et des programmes de bourses faciliteront le développement de jeunes scientifiques locaux et étrangers. Le RIEC organise également le National Innovation Challenge, pour développer des solutions répondant aux enjeux nationaux, tels qu’une autonomie et une bonne gestion énergétique, le développement durable de l’environnement et la maitrise de l’urbanisation.

 

L’innovation et l’entrepreneuriat supportent ainsi la compétitivité des entreprises, ouvrent la voie à de nouveaux marchés et permettent à l’économie de se développer en bénéficiant d’un capital intellectuel conséquent. Le précédent plan quinquennal avait pour objectif que 3 % du PIB soit consacré à la R&D en 2010. La cité état se propose de viser 3,5 % du PIB d’ici 2015, en s’appuyant sur la croissance des activités de R&D dans le secteur privé.

 

 

II.2.      Agences de financement

 

Le soutien à la recherche transite par plusieurs agences, dont A*STAR est la principale. Elle joue essentiellement le rôle d’opérateur de la recherche mais aussi, de financeur.

 

La recherche académique est, de son côté, principalement soutenue par le conseil de recherche universitaire (Academic Research Council – ARC) du MOE, le conseil de la recherche médicale (National Medical Research Council – NMRC) du MOH, et la NRF.

 

L’Economic Development Board (EDB) et le Standards, Productivity and Innovation Board (SPRING) sont deux autres agences de financement du MTI en matière de recherche industrielle.